Le tombeau des lucioles d’Isao Takahata

Note de ce film d’animation: 9/10

Je reviens aujourd’hui avec un film d’animation japonais sublime, réaliste et émouvant. Jamais un film d’animation ne m’aura autant bouleversé. Conseillé par une amie, je ne m’attendais pas du tout d’une part à un film incroyablement dur, terrible mais sincère et poétique et d’autre part à un film d’animation tout court. Aucun mot n’arrive à exprimer mon avis et mon sentiment sur ce bijou d’animation. 

Histoire: 

Critique: 

Cette oeuvre n’est véritablement pas destiné aux enfants au contraire, mais beaucoup plus aux adolescents et aux adultes surtout à cause de son sujet assez difficile et de son traitement certes terrible et réaliste mais poétique.

Bizarrement, je n’ai pas laissé mes larmes coulées et pourtant (d’habitude, j’ai la larme facile), l’histoire est tragique, profonde et ne laissera aucun spectateur indemne (je n’arrivais pas à sortir le film de ma tête).

Cette histoire narre les ravages de la 2nde Guerre Mondiale lorsque les troupes américaines lançaient des bombes incendiaires sur la ville de Kobe. Ce décor peu attrayant laisse place à une histoire touchante qui se centre sur deux jeunes enfants dans un Japon en pleine guerre. On retrouve Seita, adolescent de 14 ans et sa jeune soeur, Setsuko, alors âgé de 4 ans. Suite à un bombardement et suite à la mort de leur mère, ils se retrouvent livrés à eux-même.  Cherchant à joindre leur père en vain, ils trouvent refuge chez leur tante éloignée qui les accueillent pendant un temps avant des les blâmer et de les traiter de fardeaux. Ils décident donc s’en aller de cette maison plus aussi accueillante et trouve refuge dans un abri désaffecté qui est illuminé la nuit par des milliers de lucioles. C’est à ce moment que pour eux que les choses s’aggravent et ils vont être confrontés à la dure réalité de la guerre.

Voici le décor que plante Isao Takahata dans son oeuvre. Inspiré d’une nouvelle semi auto-biographique écrite par Akiyuki Nosaka en 1967, Le tombeau des lucioles est une oeuvre poétique où l’horreur de la guerre pèsent sur le sort des deux enfants. C’est véritablement un chef-d’oeuvre tant son ambiance est triste et dur. Au travers de cette guerre qu’ils ne comprendront jamais, les deux enfants naviguent entre la joie de vivre, l’innocence, l’horreur, la survie et la mort.

L’un des points les plus importants réside dans le réalisme des faits, de l’histoire et de l’oeuvre en soi que de nombreux saluent pour le travail fascinant d’Isao Takahata. En effet, entre les différents bombardments, les décors sublimes et les dessins, tout est bonnement spectaculaire et crédible. La précision des dessins et la reconstitution des événements sont purement hallucinants. Le spectateur est plongé au coeur d’un spectacle d’horreur, au coeur des villes et des habitants qui tentent tant bien que mal de sortir vivant. Le film se dégage par ce réalisme prodigieux.

La relation entre les deux personnages est également un point à ne pas négliger. En effet, cette relation entre frère et soeur m’a complètement ému. On voit un grand frère prêt à tout pour survivre et sauver sa soeur de ce drame qu’ils les touchent de plein fouet. Tant bien que mal, ils vont s’entraider jusqu’à ce que leur père revienne en vain. Le grand frère est admirable, il est vrai, mais on ne comprend pas forcément comment un enfant peut quitter une maison où il y a de la nourriture et où ils seraient en sécurité ou même pourquoi ne retournent-ils pas chez leur tante pour se sauver ?

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Et tous les personnages sont crédibles, réalistes et humains, de la tante éloignée qui ne sait pas comment nourrir deux bouches en plus au fermier qui tabasse Seita lorsqu’il le voit voler de la nourriture. Cette nourriture est une ressource précieuse qui ne doit pas être subtiliser dans un tel moment de crise. C’est tout de même horrible de voir une scène pareille, où un enfant est affamé, qui ne demande que de la nourriture pour sauver sa soeur.

Outre le drame de ces deux enfants, le film véhicule des messages forts à propos, notamment, des bombardements qu’a subi la population et comme je l’ai dit, d’une guerre que des enfants comme les protagonistes principaux ne comprendront jamais.

En bref, le tombeau des lucioles est un chef d’oeuvre où poésie, violence, drame, horreur cohabitent pour offrir un spectacle grandiose et émouvant et dont personne ne sortira indemne. 

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2 réflexions sur “Le tombeau des lucioles d’Isao Takahata

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