Dark (Saison 1)

Une série qui parle de disparitions d’enfants dans une petite ville sans grandes histoires, ce n’est pas bien original et pourtant. Dark, première série allemande de la plateforme Netflix, mérite amplement le détour. Commençant comme tout bon polar, thriller, Dark dénote de par son originalité dans le traitement de son histoire, de sa puissance sonore aux sons métalliques, de sa réalisation soignée et efficace. Un spectacle qui en ravira plus d’un.

Si au départ, on part avec des a priori, il faut vraiment laisser la série poser son atmosphère et son récit. Voyageant au travers de différents genres (SF, thriller, horreur), Dark surprend par sa tonalité et son univers assez singulier alors que le postulat de départ n’est aucunement original. Dark nous envoie de nombreuses informations paraissant confus et sans grand lien, mais il n’en est rien. Plus les épisodes et l’histoire avancent, plus la série installe un puzzle complexe, puissant et efficace.

Si on compare généralement cette série à Stranger Things, alors que rien ne s’y prête, Dark nous illustre un univers sombre, teinté de gris, presque crépusculaire et oppressant représentés largement par les habitants, leurs défiances, l’atmosphère glauque et le cadre. Si la série s’inspire de grands noms comme Stephen King ou Twin Peaks autant dans la réalisation que dans l’univers, il n’en reste néanmoins qu’elle réussit à créer son propre univers, son propre récit et mythe.

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En jouant sur différents tableaux temporels et au niveau du genre, les créateurs de la série ont créé une série unique où l’environnement est pesant, sombre, brumeux et où un mal insidieux rôde.

Aidé par un scénario efficace plongeant le spectateur dans un tourbillon incessant de réponses, de mystères, de questions, de rebondissements, Dark nous envoie du lourd et c’en est prenant. Si au début, les liens entre les personnages, les évènements ne sont pas visibles, au fil des épisodes, Dark dévoilent ses cartes et dévoilent des personnages attachants, développés qui ont un réel passé troublé et des motivations qui ne seront expliqués que vers la fin de la série. Le final n’en est que plus bluffant et majestueux.

Ajouté une réalisation, une cinématographie efficaces, soignées, Dark révèle dès ses premières minutes le ton de l’ensemble. Tout y est magistralement maitrisé et les scènes sont intenses, efficaces et magnifiés par une photographie étudiée et élégante. Les créateurs, Jantje Friese et Baran bo Odar, n’ont pas peur d’aller au bout des choses en nous distillant des destins croisés et une certaine mythologie.

Entre travellings, plans séquences, des mouvements de caméras tourbillonnants, le réalisateur place sa caméra, sa réalisation au service du récit et des personnages. La force de la série résideJan dans sa lenteur, dans l’expérience autant visuelle que sonore parce que tout est un spectacle dont on ne ressort jamais. Si cela peut dérouter un tant soit peu le spectateur, voire même le perdre, il faut s’accrocher jusqu’au bout de la série pour en voir la finalité. La production est réussie et nous offre de surcroit des plans et des paysages de la ville de Winden d’une beauté froide. Comme je le disais, l’expérience sonore est mémorable et illustre parfaitement le cadre instauré. Le générique sonne en boucle dans ma tête et je n’arrive aucunement à l’en sortir tellement la musique est enivrante.

Dark réussit un pari osé puisqu’il n’est pas aisé d’entrer dans le récit. D’autant plus qu’il faut être concentré dans les sous-titres pour ne pas se perdre dans la trame. Pourtant, elle intrigue et fascine par sa réalisation soignée et nous en met pleins les yeux et on en redemande. Et avec un final aussi jouissif, il ne sera pas si facile d’attendre la saison 2 en espérant que l’intrigue ne partira pas dans un bazar incompréhensible et alambiqué.


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