Courtney Barnett : sometimes I sit and think , and sometimes I just think

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2013, après un premier EP prometteur, et quelques concerts brillants, Courtney Barnett attire l’attention des médias anglo saxon. Toujours prêt à dégainer leurs comparaisons tapageuses, elles affirment avoir trouvé le nouveau Dylan, la comparaison est osé. Cette comparaison sera encore plus écrasante deux ans plus tard, lorsqu’elle sera utilisée pour saluer la réussite de ce premier album « sometimes I sit and think , and sometimes I just think ».

La comparaison entre le barde et la compositrice australienne s’arrête pourtant à une écriture efficace, et à un chant trainant et émotif. Encore que, même du coté du chant, on est plus proche de Lou Reed que de Dylan.

Il est vrai que, si la chanteuse est l’héritière d’une génération de rocker, ce serait plus du coté du punk New Yorkais qu’il faudrait aller chercher les références. Le groupe pourrait d’ailleurs être résumé à une version moderne des Voidoids, le groupe de Richard Hell, si son rock déstructuré n’était pas joué avec une puissance qui rappelle l’admiration que Barnett porte à Nirvana.

Même quand le groupe pose ses guitares sur des ballades mélodieuses, il garde un côté dépouillé et naturel. On pense beaucoup à la beauté poétique de Television sur une bluettes comme « depreston », même si son coté bucolique explique que la chanteuse soit partie enregistré un album de folk rock avec Kurt Vile en 2017.

De toute façon, résumé Barnett à un revival punk serait encore réducteur. Avec son groupe, celle qui est déjà promise à une belle carrière fait le lien entre le punk et le grunge, qui forment un écrin parfait pour cette voie enivrante, sorte de mélange entre la tristesse d’un Lou Reed et la grâce poétique de Tom Verlaine.

La place de nouveau héro du punk rock classieux, laissé vacante par les libertines il y a déjà plus de dix ans, semble de nouveau représentée par la jeune australienne. On lui pardonnera donc d’imiter un peu trop les barrissements de Cobain sur le très puissant « nobody don’t care if you don’t go to the party », seule petite erreur d’un album impressionnant de maturité.

Car Barnett a déjà une personnalité musicale largement émancipé de ses références. On reconnait la source, mais elle ne noie pas l’originalité du groupe. Les mélodies entrent rapidement en tête pour ne plus en sortir, à l’image de la parfaite entrée en matière que constitue « elevator operator ». Et on suit les récits de l’australienne, parfois avec excitation, parfois avec une admiration déclenchée par ses mélodies doucereuses, mais toujours avec jubilation.

Car de temps en temps cela fait du bien de s’asseoir pour découvrir un disque, et de constater que l’ivresse des débuts est toujours là. Les visages ont changés, certains ont disparu, mais grâce à ce genre d’album notre musique n’a rien perdue de son éclat.


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