Deep Purple : In Rock

En 1968, Deep Purple cherche à forger sa légende en ce frottant à tous les courants à la mode. Sa musique fricote ainsi avec la musique classique, la pop, et le psychédélisme. Immortalisé sur trois premiers albums tombés dans les oubliettes de l’histoire, cette orientation lui permet de se faire un petit nom dans l’univers de la pop anglaise.

Et puis, un an plus tard, les riffs ravageurs du premier Led Zeppelin changent à jamais le paysage musical. Pour impressionner, il faut désormais jouer fort, très fort, et se trouver un guitariste virtuose, capable de s’embarquer dans d’impressionnantes improvisations tonitruantes.

L’écoute du disque du Zeppelin de plomb est un véritable choque pour Deep Purple et, si Ritchie Blackmore est déjà capable de tenir le poste de virtuose à guitare, le groupe doit aussi e trouver son hurleur grandiloquent.

Ce sera Ian Gillian qui sera choisi, après qu’il ait scotché son camarade grâce à une voie suraigüe, et dont la théâtralité n’a rien à envier au charisme de Robert Plant. C’est d’ailleurs le but, le groupe ayant décidé de recruter le chanteur après avoir assisté à une des premières performances du chanteur de Led Zeppelin.

De son coté, Blackmore se libère du sérieux exigé par les compositions alambiquées que John Lord imposait jusque-là. Débarrassé de tout carcan par une époque qui élève le guitariste au rang de demi-dieu, il crée un style acrobatique et dynamique, tout en gardant la théâtralité de la musique classique, qu’il connait lui aussi très bien.

Le groupe entre rapidement en studio pour enregistrer le résultat de cette mutation, et « in rock » sort en 1970. Le tour de force est impressionnant, la production est crue, presque live, et augmente l’impact des riffs incisifs inventés par Blackmore.

Plus que tout autre, « In Rock » est l’album qui cimente sa légende. Le guitariste transperce le mur du son à grands coups de riffs tranchants, avant de partir dans des solos chromés d’une agressivité folle. Le son de Led Zeppelin était classieux et grandiloquent, celui de Deep Purple sera violent et théâtral.

Seul « child in time » vient apporter quelques minutes d’apaisement et de douceur dans ce déluge sonore. Démarrant sur une mélodie séduisante, le titre monte toutefois en puissance pour s’achever dans un déluge apocalyptique. Cette longue montée en puissance convient parfaitement à Ian Gillan, qui livre un chant possédé, montant progressivement dans les aigües. Au cas où l’auditeur n’aurait pas encore compris que Deep Purple souhaite détrôner Led Zeppelin, « flight of the rats » permet à Ian Paice de placer son solo de batterie sismique, en réponse au martellement de Bonham sur « Moby Dick ».

Deep Purple n’atteindra plus jamais un tel niveau d’agressivité sonore, ce qui ne l’empêchera pas de produire une série d’autres albums fondamentaux. Avant ça, « In rock » deviendra un des disques les plus vendus de l’année 1970, imposant ainsi Deep Purple comme le plus sérieux rival de Led Zeppelin.

On notera toutefois que, si le Zeppelin de plomb ne sera que rarement copié, imposant ainsi une œuvre intemporelle, le pourpre profond sera le big bang à partir duquel le hard rock va grandir et se développer.

Sa violence incitera Uria Heep à produire « look at yourself », son disque le plus puissant, alors que ses musiciens donneront naissance à une légion d’autres grandes formations. Whitesnake, Rainbow, Captain Beyond, tous sont nés des décombres que Deep Purple a laissé derrière lui.

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