The Doors : Live at the isle of Wight

Les amateurs de classique rock ne crieront jamais assez leurs gratitudes envers le label Eagle Rock. Ces dernières années, ces bienfaiteurs de l’humanité ont offert le premier grand live de ZZ tops, sans compter les archives des Stones, pour ne citer que les plus remarquables sorties.

Cette année, ils s’attaquent à un monument historique aussi important que le premier live à Hyde Park des Stones, ou le festival Woodstock. Les fans des Doors savaient déjà que la prestation du groupe fut enregistrée, dans le but de sortir sur les grands écrans.

Mais, lassés d’attendre, ils ont finis par se convaincre que ces bandes, faisant l’objet de tous les fantasmes, étaient condamnées à l’oubli.

Nous sommes donc en 1970, et Morrison risque trois ans de prison, car il aurait montré son sexe à une foule innocente, lors d’un concert donné quelques mois plus tôt.
Selon plusieurs témoignages, personne ne peut affirmer avec certitude avoir vu l’objet du scandale, et aucun photographe n’a pu produire une preuve irréfutable de l’évènement. Mais il n’en faut pas plus pour que la justice, lassé des frasques de ce chanteur aux textes sulfureux, ne s’empare de l’affaire.

Si les procès ont obligé le groupe à annuler plusieurs dates, Morrison est acquitté assez vite, pour participer à un événement que certain considère comme le nouveau Woodstock.
Il est vrai que l’affiche, réunissant les Who, Hendrix, et Miles Davis, donne le tournis. Malheureusement, les conditions imposées au groupe sont loin d’être favorables.
Non content d’avoir subi une épreuve qui l’a profondément marqué, Morrison doit attendre 2 heures du matin avant que son groupe n’entre en scène.

Connaissant les habitudes du chanteur, qui arrivait souvent défoncé ou bourré sur scène, le groupe avait toutes les raisons de s’attendre à un massacre. Et pourtant, ce soir là, les Doors sont tous simplement magnifiques.

Éclairés par une lumière rouge, qui accentue leurs charismes mystiques, les musiciens sont en pleine symbiose. Sans doute encore choqué par ce qu’il vient de vivre, Morrison livre une prestation sobre, se concentrant sur son chant. Cette sobriété ne fait que souligner la grande forme vocale de ce poète tourmenté, qui livre ici sa dernière prestation.

La scène permet aussi à la guitare de Robby Krieger de prendre plus d’importance. Son feeling forme, avec le clavier de Manzarek, un blues acide, énergique et virtuose, qui voit le groupe passé de l’agressivité de « break on throught » à la poésie de « when the music’s over ». Mais cette prestation tendue n’est elle pas un requiem en l’honneur d’une innocence mourante ?
Le chaos d’Altamont avait déjà mis un sacré coup à l’optimisme des années 60. Mais désormais, ce sont ses plus grands héros qui disparaissent les uns après les autres.

A peine un mois après l’évènement, Hendrix fait une overdose de barbituriques, Janis Joplin le rejoint en octobre. Dernière victime de cette série noire, Morrison meurt à Paris dans des circonstances troubles.

Enfin disponible, ce « live at isle of wight » fait partie des derniers tours de pistes d’une décennie déjà révolue. Et, s’ils ont livrés une discographie inégale, sur scène The Doors furent toujours grandioses.

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