The Who : Live at Hull

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Démarré sous le nom de « The Detour » le groupe de Pete Towshend n’est devenu The Who qu’après avoir quitté les clubs miteux, où il ressassait ses vieux blues, pour devenir la coqueluche du mouvement mods.

Le mouvement a permis à The Who de devenir un groupe à tubes, « my generation », « tatoo » et autres rythm’n’blues trustaient le sommet des charts, et les salles où ils jouaient et se remplissaient à vue d’œil. De l’avis de certains, « my generation », l’album regroupant tous ces tubes rythm’n’blues, reste le plus grand disque du groupe.

Il est vrai que, en délivrant un rock très direct, « my generation » réussit à s’approcher de l’énergie que le groupe déployait sur scène. Mais, dès 1966, The Who partait déjà dans une autre direction. Les Beatles avaient remis le 33 tours au centre des préoccupations des rockers, et chaque disque semblait dépasser le précédent en originalité. Même chez les Stones, que certains considéraient pourtant comme un groupe à single, la construction des albums donnaient souvent lieux à des débats passionnés.

Townshend cherchait donc une alternative à la musique légère et directe que le groupe pratiquait jusque-là. Il s’enferme donc dans son studio d’enregistrement, où il planche sur un opéra rock basé sur l’histoire d’un enfant aveugle sourd et muet, qui va vivre un parcours initiatique mystique.

Cette figure christique, passant par toute sorte de souffrances, donne naissance à ce qui reste une des œuvres les plus controversées du groupe. Les fans de la première heure ne comprennent pas cet album pompeux, où les musiciens calment leurs hardeurs, pour coller au scénario farfelu imaginé par leur excentrique guitariste.

On peut encore débattre sur cet album, se demander à quel point Townshend s’est inspiré de « SF sorrow » , véritable premier opéra rock, que les Pretty Things enfantèrent dans l’indifférence la plus totale. Mais cela n’enlèvera pas au disque son statut de classique désormais incontesté, et encore aujourd’hui rare sont les disques dotés de cette cohérence.

Soudé par l’histoire du petit Tommy, les morceaux s’enchainent naturellement, comme les scènes du film qui naîtra de ce disque. Mais, à l’époque de sa sortie, le constat n’était pas aussi évident, et le groupe s’est rapidement embarqué dans une grande tournée pour défendre sa dernière création.

Là, le public pouvait se rassurer, Les cymbales semblait encore mitraillé par une pluie de grêles, les toms de batterie s’embarquait dans des courses folles et hyper rapides, en un mot comme en mille c’est une véritable tempête rythmique qui ouvrait les prestations du groupes.

Keith Moon était le pilier des Who, celui qui grâce à sa folie embarquait les autres dans des prestations assourdissantes, annonçant le punk quelques mois avant les Stooges. Pete Townshend n’est pas en reste, moulinant ses accords comme un moulin à vent un soir de tempête, révolutionnant ainsi le rythm’n’blues avec un jeu qui donnera des idées à ce brave Dr Feelgood. Enthwistle, lui était plus posé, balançant ses accords avec un flegme purement british, soutenant la rythmique infernale de Keith Moon avec le stoïcisme d’un phare au milieu des vagues.

Aujourd’hui, les albums immortalisant ce qui reste la plus grande tournée des who sont multiples. Le premier fut « live at leeds » , sortie en 1970, et qui restera le seul témoignage des prestations enragées des Who pendant des années.

Ce monopole lui a permis de devenir un classique dès sa sortie, statut qu’il garde aujourd’hui grâce à sa date de parution. Bien que plus complet, le « live at hull » sort en 2012, des années après les derniers séismes sonores du groupe.

Il a pourtant une importance capitale, étant le premier à restituer une prestation complète des Who post Tommy. La prestation démarre ainsi avec les traditionnels tubes mods, porté par un Keith Moon un poil plus déchaîné que sur le live at leeds, avant que le monumental « my génération » ne mènent aux premiers accords de « tommy ».

Et là le groupe prend véritablement une dimension mystique, gagnant en théâtralité sans perdre en puissance. Débarrassé des artifices du studio d’enregistrement, les titres de Tommy prennent toutes leurs dimensions sur ce « live at hull », confirmant ainsi aux fans de la première heure que le groupe a réussit à mûrir sans perdre son identité.

Si « live at leeds » garde une aura inégalable grâce à la place qu’il a prise dans l’histoire du rock, « live at hull » permet enfin de comprendre comment le groupe c’est fait une place au sommet de l’olympe, à côté des Beatles et des Stones. Contrairement à ce qui pouvait être dit jusque-là, ils n’étaient pas les « éternels troisièmes » mais un autre symbole du rock anglais.


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