Whitesnake : Ready And willing

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1972, après seulement trois ans de service, Ian Gillan décide de quitter Deep Purple. L’événement est historique, la formation la plus marquante de Deep Purple, celle représentée sur la pochette de « In rock » , celle de « smoke and the water » et « Child in time » n’est plus.

Épuisé par les concerts donnés au quatre coins du globe, Ian Gillan ne fait que confirmer une lassitude ressentie par tout le groupe. Celui qui a confirmé le règne du hard rock sur ses premiers albums, est devenu une grosse machine commerciale, ressortant la même formule éprouvée sur chacun de ses albums.

Ian Gillan se dit limité par cette identité trop marquée, qui tue sa créativité. On peut aussi imaginer que sa phobie de l’avion, qui l’obligeait à voyager seul, a largement influencé sa décision. Toujours est-il que son départ marque le début d’une période d’instabilité, renforcée par les batailles d’égaux.

La nouvelle vie de Deep Purple commençait pourtant bien, lorsque John Lord, Ian Paice et Ritchie Blackmore avaient repéré David Coverdale, alors qu’il chantait des reprises de Black Sabbath avec un groupe dont l’histoire ne retiendra pas le nom.

Après une rapide audition, le chanteur obtient le poste, et sa voie incite le groupe à partir dans un hard rock plus mélodique, afin de coller à son chant plus posé. Dans le même temps, Deep purple s’approprie le funk, et l’album « Burn » oblige les fans à accepter le brio vocal de Coverdale.

Fin 1975, après la sortie du plus décrié « Stormbringer », une nouvelle séparation paraît imminente. Ritchie Blackmore n’est pas d’accord avec la nouvelle direction prise par le groupe et, de moins en moins concerné par son avenir, Blackmore attend le bon moment pour claquer la porte.

Ce sera chose faite en 1976. Malgré les mérites de son successeur, ce départ marque définitivement la fin d’une époque, et le groupe se sépare quelques mois plus tard. Après cette fin brutale, Coverdale fonde Whitesnake, qui sort deux disques honorables, avant d’être rejoint par John Lord.

Nous sommes alors en 1979, Deep Purple est mort depuis trois ans, et ses fans orphelins se rabattent immédiatement sur ce groupe réunissant deux figures historiques. Sortie la même année, « Lovehunter » n’est pas encore un classique, mais ses ventes encourageantes permettent à Whitesnake de se faire un nom, alors que le rock est désormais rempli de punks bien décidés à tuer le dernier hard rocker.

Mieux, le livret à l’intérieur du disque montre les musiciens en compagnie de Ian Paice. L’ex-batteur de Deep Purple, vient d’être engagé après l’enregistrement du disque. Dans l’esprit des fans, les choses étaient désormais claires, Whitesnake était la réincarnation de Deep Purple, celui qui perpétuerait sa tradition sonore. Coverdale à désormais toutes les cartes en main pour renouer avec le succès mondial qu’il a connu avant de fonder son groupe.

« Ready and Willin » sort en 1980, et la surprise est à la hauteur de l’attente. Alors qu’il aurait pu reprendre la formule inventée par Deep Purple, s’’assurant ainsi la gratitude de millions de nostalgiques, et une fin de carrière tranquille, Whitesnake a préféré confirmer sa singularité.

On n’a pas affaire au hard rock corrosif de « In rock », ou au hard funk groovy de « Burn », mais plutôt à une musique plus puriste. Si Bernie Mardsen n’a pas la violence d’un Blackmore, il la remplace par un feeling bluesy, qui entre en symbiose parfaite avec une section rythmique pleine de finesse mélodique.

Ce qui marque le plus ici, ce sont les mid tempos fédérateurs, à l’image de ce morceau titré irrésistible. Et, quant à Coverdale, il pose de sa voix plaintive, les ballades « Blindman » et « Ain’t gonna cry no more », c’est une nouvelle vision de ce bon vieux blues qui nous est proposé.

La première doit son charme au clavier de John Lord, qui a quitté son agressivité passé, pour donner plus de consistance aux complaintes de son chanteur. La seconde s’ouvre sur des arpèges bucoliques, qui font immédiatement penser à la période folk de Led Zeppelin.

Et puis il y a bien sûr les plus immédiats « Love man » et « Black and blue », ou les musiciens tricotent un swingue primaire et irrésistible, le feeling a définitivement remplacé la violence juvénile de leur ancien groupe.

Le publique attendait une consolation, il aura une révélation. Plus que le retour de musiciens vénérés, « Ready and Willin » est le début d’une aventure aussi glorieuse. La rivalité Led Zeppelin/ Deep Purple faisait désormais place à celle entre Rainbow et Whitesnake.


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