The flower kings : Back in the word of adventures

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La véritable naissance de Stolt, voilà comment j’aurais pu appeler cet article. Vieux routard, l’homme est très vite entré dans le rang des guitaristes solistes, parsemant les albums de Kaipa de ses soli rêveurs. Mais le monde progressif n’avait d’yeux que pour l’Angleterre, et voir un groupe de Suède réciter les ficelles de Yes ne le passionnait pas. Alors le jeune guitariste a fini par gagner sa croûte en apprenant à ficeler des mélodies radiophoniques, un apprentissage qui lui sera encore utile par la suite. Car, quand le progressif renaît au milieu des années 90, il n’a même pas quarante ans, ce qui lui évite de passer pour une énième vieille gloire. Trop heureux de pouvoir enfin être reconnue pour ses propres ambitions artistiques, il forme les Flower Kings , et sort deux albums dès la première année.

« Back in the word of aventure » est le second, et il pose véritablement les jalons de l’irréprochable carrière de ses musiciens. D’abord il y a la pochette, qui semble inspirée par les rêveries de Roger Dean. On peut aussi s’amuser en repérant ce soleil, dont les traits grossiers font forcément penser à la pochette du premier King Crimson, ou cette colombe prenant son envol, sans doute une belle référence au premier disque d’ELP. Dès son ouverture, « Welcolme to the word of aventure » fait clairement référence à cette époque fantasmée. Le monde d’aventures chanté par Stolt, est clairement dans l’esprit des « enfants de Woodstock », un monde insouciant et florissant. Cette époque, Adrian Stolt y a assisté, l’a sans doute regardé avec admiration, et souhaite la recréer dans une grande symphonie rock. Musicalement, on peut parler d’un disque à plusieurs facettes, comme pour la majorité de son œuvre. Ce qui choque d’abord ceux qui, comme moi, ont découvert le groupe avec les mélodies duveteuses de « Stardust we are », c’est la relative discrétion du clavier au profit de la guitare.

Celle-ci tient une place centrale ici, place qui fera sans doute dire à beaucoup de progueux que le groupe manque d’inspiration. Pourtant, c’est tout le contraire, et cette guitare parcourt un périple plein de rebondissement qui, s’il nuit parfois à l’homogénéité de l’ensemble, rend le disque attachant. Comment rester de marbre quand, pour ponctuer la rêverie que constitue le morceau titre, Stolt fait décoller ses solos vers des sommets atmosphériques, que seuls des musiciens comme David Gilmour parviennent à atteindre ? Comme tout groupe progressif, les Flowers Kings paient aussi leurs tributs au roi cramoisi, à travers des mélodies jazzy pas encore mures mais séduisantes, ou en jouant des parties faussement dissonantes, qui font partie de l’ADN du prog depuis la sortie de « Larks tongue in the apic ». Et puis, quand la guitare se met à hurler au milieu de « Go west judas », c’est forcément la fureur de « Red » qui se rappelle aux bons souvenirs de l’auditeur.

Tout cela fait beaucoup de références, mais l’apprentissage de la pop que Stolt eu à subir s’avère essentiel ici. L’homme sait comment créer une mélodie qui s’enracinera dans vos cerveaux hypnotisés, comme un champignon majestueux, et faire de cette mixture savante une œuvre ambitieuse, mais résolument pop. La formule est encore en gestation, mais elle séduit déjà sur la longue suite titre, et sur les ballades les plus rêveuses.

Même si ce disque n’est pas exempt de défauts, son inventivité et la beauté mélodique qui le parcours en font un indispensable de la musique progressive. Tous les titres sont d’ailleurs signés Roine Stolt, ce qui en fait une œuvre essentielle pour comprendre l’évolution d’un des musiciens contemporains les plus intéressants. Bienvenue dans un monde qui commence seulement à ce dévoiler.

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