La passe-miroir, Tome 1 : Les fiancés de l’hiver de Christelle Dabos

S’il y a des romans qu’on ne lâche plus après la lecture, il y en a, au contraire, qui me reste un peu sur la fin malgré une œuvre riche et intéressante. C’est le cas de ce premier tome. Pas que ce soit foncièrement mauvais. Au contraire, l’entrée en matière est réussie, l’univers est singulièrement fascinant et les personnages, pour certains, sont très attachants et intrigants. Un univers plaisant à découvrir, certes, mais un premier tome qui se perd dans une intrigue plate et lente.

Résultat de recherche d'images pour "les fiances de lhivers resume"Résumé : Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l’arche d’Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d’un complot mortel.

Le succès que Christelle Dabos a reçu au niveau critique, grâce au prix décerné par Gallimard Jeunesse (Grand prix de l’Imaginaire), tout comme dans la blogosphère a eu raison de moi. Je voulais donc découvrir ce que recèle ce roman et savoir pourquoi y a-t-il eu un tel engouement autour.

Ce qui attire le plus et qui donne déjà le ton est la couverture sublime. On entre déjà dans cet univers créé par Christelle Dabos avec la Citacielle. Entre un univers steampunk, une ambiance Belle Époque et magique, l’auteure française envoie le lecteur dans un endroit inconnu, original à découvrir au travers des yeux de Ophélie. Elle choisit avec soin les mots qu’elle pose sur la feuille et c’en est d’autant plus plaisant. Elle construit un monde travaillé, recherché, riche et arrive à nous transporter dans cette œuvre avec des personnages aussi fantasques qu’attachants.

Parlons de l’écriture de Dabos, elle est fluide, très claire et dépeint de manière très détaillé son univers. Parfois de manière un peu trop longuette pour moi et qui peut faire perdre le lecteur. Il n’empêche qu’elle réussit à nous plonger dans l’univers du Nord avec toutes les traditions, coutumes et pratiques puis dans celui de la Citacielle où il ne fait pas bon d’être naïf puisque tout est régi par les faux-semblants.

C’est un véritable voyage dépaysant dans le grand froid blanc et magique. Le monde est régi par différentes arches que les esprits de famille gouvernent. Il est parfaitement maîtrisé et très atypique, voire déstabilisant quand on parcourt la Citacielle et ses hauteurs notamment. On est véritablement ballotté, comme Ophélie, dans une cour, un territoire sauvage et dangereux où chaque faux pas peut envoyer Ophélie à une mort certaine.

Le récit est sublimé par une imagerie poétique et onirique, des décors incroyables, colorés et pétillants. D’autant plus que le récit révèle des personnages au-delà des stéréotypes navigant dans les méandres des complots, de l’illusion et de la convoitise. Pourtant, malgré la magie de cet imaginaire, le rythme est trop lent, sans rebondissement rendant ainsi l’intrigue quelque peu plate.

C’est le cas également d’un personnage qui m’a un peu agacé, celui d’Ophélie. Ce qui est d’autant plus frustrant étant donné que c’est le personnage principal. Il est vrai que c’est une héroïne vulnérable, recluse, songeuse et qui va petit à petit trouver un certain courage pour faire face et appréhender cette nouvelle vie et le but de son esprit de famille. Malheureusement, elle est très banale, voire complètement effacée, sans caractère, pas qu’elle en ait besoin véritablement. Mais elle n’essaye même pas de découvrir la raison de sa venue à la Citacielle ou de faire quelque chose, quoi que ce soit. Elle ne bouge littéralement pas, ce qui rend son personnage immobile du point de narratif et sans grand intérêt mis à part la relation naissante (très lentement !) avec son fiancé qui lui donne un peu de matière. S’il est très intéressant d’avoir une héroïne pas stéréotypée du tout, l’écriture du personnage est pour moi trop lisse et Ophélie devient complètement effacée et translucide par rapport aux autres personnages.

Alors qu’à côté, il y a Thorn, son fiancé, qui est totalement différent. Il est glacial, dur, secret et il a une bonne dynamique dans cet univers. J’espère qu’il réveillera un peu au moins la fougue, le caractère et la force d’Ophélie. Petit clin d’œil pour l’ambassadeur Archibald aussi fou qu’intriguant. J’ai hâte d’en savoir plus sur ce personnage.

Ce qui est certain, c’est que j’ai hâte de suivre la suite des aventures pour en savoir plus sur les esprits de famille, sur les différentes Arches, sur le Livre et sur Farouk. En espérant qu’il y ait plus de rebondissements, d’aventures, d’actions et de découvertes dans le second volet. Je le conseille vivement notamment pour la plume de Christelle Dabos et pour cet univers loufoque et original.


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