Canned Heat : Boogie with canned heat

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Los Angeles à la fin des années 60 :
Comme des millions de blancs becs, Bob Hite a pris la musique noire en pleine figure, et commence à la servir dans un magasin de disques de Los Angeles. Son impressionnant gabarit lui vaut le surnom de « The Bear », de la part des habitués à qui il fait découvrir le blues. Rapidement, dans l’ambiance enjouée de cette petite boutique, une petite communauté se forme, et se rejoint le soir, chez Bob Hite, pour partager son amour du blues. Rapidement, entre deux écoutes passionnées, les adeptes se mettent à jammer. Le courant passe si bien entre Bob Hite et le guitariste Alan Wilson, que les deux hommes décident de fonder leur groupe. Ancien musicien de Zappa, et proche d’Alan Wilson, Henry Vestine rejoint rapidement la formation.

Sur la platine, un vieux blues de Tommy Johnson sonne comme une révélation, c’est le « Canned heat blues ». Cet alcool toxique, que les plus démunies buvaient pendant la prohibition, pour contourner l’interdiction d’alcool, devient le nom du groupe. C’est à ce moment que Frank Cook vient remplacer leur premier batteur, parti fondé un autre groupe local. Cook a déjà forgé son beat derrière plusieurs grands noms du jazz, comme Charlie Watts avant lui. Le Heat deviendrait-il l’équivalent Américain des stones ?

Alléché par leur blues-rock chaloupé, Johnny Otis devient le manager du gang, qui enregistre un premier disque, dont la sortie est sans cesse repoussée. Mel Taylord vient enfin compléter la formation emblématique de Canned Heat, après avoir tenu la basse pour Jerry Lee Lewis et Chuck Berry. Le premier album de chansons original ayant été oublié par leurs producteurs, Canned Heat retourne en studio, et met en boîte une poignée de classique blues. Le disque obtient un succès modeste, mais suffisant pour leur permettre de participer au festival Monterey. Là-bas, les Who parviennent à passer avant Hendrix, et réveillent les visiteurs à coup de rythm’n’blues assourdissant. Enervé par ces énergumènes Anglais, qui ont osé lui griller la priorité, le voodoo child livre un set lumineux, qu’il achève par le sacrifice de sa guitare. Accompagné d’un groupe de brute psychédelique, Janis Joplin livre aussi une de ses prestations les plus vibrantes, quelques mois avant la sortie de son premier disque.

Au milieu de cette célébration magnifique, Canned Heat fait cohabiter le blues et la country, dans un boogie vicieux qui fait se trémousser l’impressionnante carrure de son charismatique chanteur. La popularité de Canned Heat est né ce soir-là, la technique remarquable de son guitariste est venté par les journalistes, et le groupe a même l’honneur de voir son succès salué par l’establishment. Mais l’arrestation des musiciens, quelques jour plus tard, pour possession de drogue, ne fait que renforcer sa popularité. Là encore, on peut comparer cet effet au parcours des Stones, qui ont considérablement renforcé leur image de salle gosse lorsque Keith Richard a frôlé la peine de prison.

Pour les sortir de ce mauvais pas, leur manager se voit obliger à vendre leurs droits de publication au label Liberty Record, qui paie ainsi les 10000 dollards de caution. Il faut désormais se dépêcher de capitaliser sur cette notoriété naissante et, après un concert en compagnie des Doors, Canned Heat enregistre « Boogie with canned heat ». Au milieu de ce disque, un titre va mettre le feu aux poudres, et faire de Canned Heat un des leaders du renouveau blues.

L’harmonica commence par imprimer un rythme irrésistible, comme on devait en entendre du temps où les premiers bluesmans chantaient leurs spleens dans les rues de Chicago. Petite concession à l’air du temps, quelques notes cristallines ajoutent une touche psychédélique à ce rythme chaleureux, alors que Bob Hite pose ses murmures sur un beat hypnotisant. Bien qu’il ait été écrit par Floyd Jones dans les années 50, « On the road again » n’a jamais eu autant d’impact qu’ici. Et puis il ne faudrait pas oublier « Evil Woman », boogie vindicatif, salué sur le trop méconnu premier album des « Yesterdays children », qui sortira quelques mois plus tard.

Canned Heat est devenu ce que fut BB King en son temps, un maître étalon du blues électrique. Donnez leur un standard de John Lee Hooker, et ils le transforment en « Fried hookie boogie », long délire bluesy de douze minutes. Sur « Turpentine moan », il semble donner des leçons de chicago blues au blues band de John Mayall, premier instigateur du pillage de la culture noir par une poignée de blancs becs fanatiques.

« Boogie with canned heat » place Canned Heat au sommet des groupes des années 60, un état de grâce qu’il confirme à Woodstock en 1969. Dès lors, certain hippies salueront ce nouveau géant par cette incitation à célébrer le blues rock « Let’s boogie ! »

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