Jonathan Wilson : Rare Birds

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Jonathan Wilson est originaire de Californie, où il vit ses premiers émois musicaux. L’homme est obsédé par le rock, amour qu’il a d’abord exercé en tant que producteur. Toujours dans l’ombre, il eut aussi l’honneur de jouer dans le groupe d’Elvis Costello en 2008, et remplace aujourd’hui David Gilmour aux côtés de Roger Water. Comme contaminé par cette tendance à travailler dans l’ombre, ses deux premiers albums sont passés inaperçus, la presse saluant juste un folk rock agréable.

Et puis, l’année dernière, l’homme s’est fait encenser par tous ceux qui l’avaient ignoré, de l’Express au Point, en passant par les Inrock et Rolling Stones. Une telle unanimité ne pouvait pas être un hasard, et « Rare bird », le dernier disque de Jonathan Wilson, mérite bien le concert de louanges qu’il a déclenché.

Il est encore question de folk rock ici, mais pas de celui initié par les Byrds, on est plutôt embarqué dans la Californie Hippie. Là, des idéalistes pas encore débarrassés des vers prophétiques de Dylan commençaient à faire décoller leurs mélodies sous l’influence du LSD. A l’époque, cela donnait le folk mystique de l’Incredible String Band, ou les envolées spatiales de Grateful Dead, aujourd’hui la formule est plus variée.

Placé en ouverture d’album, « Trafalgar square » développe un boogie planant que n’aurait pas renié Quicksilver Messenger Service. Et puis , il y a ces mélodies cajolantes, à mi-chemin entre Tom Petty et le Springsteen de « Workin on a dream », la douceur innocente de « There is a light » n’aurait d’ailleurs pas fait tâche sur cet album. Comme ces quelques lignes le montrent déjà, Jonathan Wilson fut un auditeur avide avant de devenir musicien, et assume d’autant plus ses influences que son art consiste à s’en servir comme d’une merveilleuse matière première.

Les interventions de saxophone rappellent son amour pour le raffinement de Genesis période de Peter Gabriel, auquel il ajoute ces nappes électroniques, qui vous enveloppe comme les grands décors sonores de Tangerine Dream. « Sunset boulevard » ne dit rien d’autre, quand son piano tricote une mélodie chaleureuse, à laquelle les touches électroniques ajoutent un peu de spiritualité. Et puis, sur le titre suivant, la guitare jalouse délivre un chorus déchirant, grondement majestueux au milieu d’une ballade hypnotique. Plus rock, « Miriam Montague » flirte avec l’énergie festive d’Elvis Costello, offrant une pose enjouée avant que la douceur progressive de « Loving you » ne prenne la relève. Doté sur le fond d’incantation africaine, le titre est une danse vodoo chaleureuse digne des mélodies dépaysantes de Robert Plant. La musique de Wilson réinvente une certaine idée du rock, celle qui semblait inaudible depuis que le hard-rock/heavy metal avait envahi ce qui reste de culture musicale adolescente.

S’il faut classer cet homme, c’est au côté de Mccartney, Petty, Springsteen et autres Ray Davies qu’il faudrait le ranger. Son nom est d’ailleurs un hommage au compositeur des Beach Boys, et, si le folk rock l’a largement marqué, c’est la pop Anglaise qui lui a donné sa vocation, en lui montrant qu’on pouvait faire du rock autrement. Travailler sur les sons, chercher la mélodie à laquelle personne n’avait pensé, voilà le credo de Jonathan Wilson, et c’est parce qu’il y parvient que Rare Birds est un disque indispensable.

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